Commission d’enquête publique sur les opérations policières pendant la grève étudiante : 50 organisations demandent une rencontre avec Madame Marois

Montréal, le 13 novembre 2012. Associations étudiantes, groupes de défense des droits, syndicats et groupes affinitaires unissent leurs efforts pour éviter qu’une des plus grandes vagues de répression policière de l’histoire du Québec contemporain ne tombe dans l’oubli. Déçues que les multiples demandes d’enquête soient restées sans réponse, ces organisations représentant des dizaines de milliers de personnes interpellent maintenant la première ministre du Québec.
En l’absence d’une commission d’enquête publique, la répression du printemps risque de se répéter, craignent les organisations. Elles rappellent qu’au Canada, la brutalité policière fait chaque année de nouvelles victimes et que la répression accompagne de plus en plus systématiquement la protestation sociale, portant atteinte au droit de manifester et à la liberté d’expression. Lors du sommet du G20, les forces policières avaient procédé à des arrestations massives et préventives, techniques pourtant condamnées par les Nations Unies. Pendant la grève étudiante, on a relevé plusieurs blessures graves (pertes d’œil, fractures du crâne, jambes cassées), 3418 arrestations, des conditions de détention et de libération inacceptables ainsi que de nombreuses autres violations de droits.
Les organisations réaffirment que seule une commission d’enquête publique et indépendante permettra de faire la lumière sur les causes de la répression survenue durant la grève étudiante et éviter qu’elle ne se reproduise. Cette commission devra pour cela
répondre à cinq objectifs:
1-Questionner les opérations policières: les arrestations de masse, l’arsenal utilisé, les blessures et le manque d’aide aux personnes blessées;
2-Questionner les interventions politiquesdu gouvernement, à la fois publiques (déclarations dans les médias) et internes (directives et communications entre des ministres et la police);
3-Questionner les abus de droit: profilage politique (« carrés rouges »), fouilles abusives, détentions abusives, utilisation arbitraire de différentes types de contravention, adoption en urgence de nouveaux règlements municipaux limitant le droit de manifester, recours à la loi antiterroriste, etc.;
4-Permettre aux victimes de violations de droits d’obtenir une réparation et obliger les responsables des abus à répondre de leurs actes devant la société et la loi;
5-Évaluer la possibilité de créer une instance indépendante et civile de surveillance des opérations policières. Une pétition de plus de 11 000 signatures demandant une commission d’enquête publique a été déposée à l’Assemblée nationale en juin. Une deuxième circule présentement et compte déjà plus de 5 000 signatures. Les différents groupes maintiendront la pression afin d’obtenir cette commission d’enquête. Ils espèrent ainsi mettre fin aux pratiques policières ayant pour effet de réprimer la contestation sociale.
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Contacts :
Lysiane Roch
Responsable des communications,
Ligue des droits et libertés
Cell : (514) 715-7727
communication@liguedesdroits.ca
Anne Ste-Marie
Responsable des communications
Amnistie internationale Canada Francophone
Cell. (514) 268-4983
aste-marie@amnistie.ca
Ludvic Moquin-Beaudry
Secrétaire aux communications
ASSÉ
Cellulaire : 514-835-2444
communication@asse-solidarite.qc.ca
Liste des organisations et réseaux qui appuient la demande de rencontre avec
Madame Marois :
1.Action Autonomie
2.Amnistie internationale, section Canada francophone
3.Artistes pour la Paix
4.Assemblée citoyenne autonome de Verdun
5.Assemblée populaire autonome d’Hochelaga-Maisonneuve
6.Assemblée populaire autonome du Mile End
7.Assemblée populaire autonome du Plateau
8.Association canadienne des libertés civiles
9.Association canadienne des professeureset professeurs d’Université (ACPU)
10.Association des juristes progressistes
11.Association des professeur(e)s à temps partiel de l’Université Concordia (CUPFA)
12.Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
13.ATTAC-Québec
14.Centre Justice et Foi
15.Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
16.Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics
17.Concordia University Television (CUTV)
18.Confédération des Syndicats Nationaux (CSN)
19.Conseil central du Montréal métropolitain-CSN
20.Conseil d’administration de CKUT
21.Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
22.Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
23.Fédération des employées et employés du secteur public-CSN
24.Fédération des femmes du Québec
25.Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
26.Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
27.Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)
28.Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ)
29.Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
30.Fondation Béati
31.Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
32.Front commun des personnes assistées sociales du Québec
33.Groupe Solidarité Justice
34.Infirmières et infirmiers contre la hausse
35.Ligue des droits et libertés
36.L’R des centres de femmes
37.Mères en colère et solidaires
38.Mouvement Action-Chômage de Montréal
39.Occupons Montréal
40.99%Média (OM99Média et 99%[Québec])
41.Profs contre la hausse (PCLH)
42.Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec
43.Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ)
44.Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
45.Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
46.Syndicat général des professeurs et des professeures de l’Université de Montréal (SGPUM)
47.Syndicat des professeurs et des professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ)
48.Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO)
49.Têtes blanches, carrés rouges
50.Union des consommateurs