Les profs de l’UQO adoptent un mandat de grève historique

Pour la première fois de leur histoire, lors de leur assemblée générale, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) ont adopté à 75 %, par voie de scrutin secret, un mandat de grève historique, assorti d’une banque de dix heures à exercer au moment jugé opportun, à compter du 8 janvier 2018.

« Depuis une trentaine de mois, les professeures et les professeurs tentent de s’entendre avec un employeur qui cultive une forme d’inertie et qui sème une totale incompréhension de ses objectifs. Nous avons tenté de raisonner avec la partie patronale à plusieurs reprises sur l’importance d’offrir des conditions de travail qui sont nécessaires au développement de l’UQO. En ce sens, nous trouvons aberrant que les dernières offres ne contiennent aucune aide à la recherche et que les professeures et professeurs du campus de Saint-Jérôme soient complètement ignorés par la direction », de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO.

« Relativement à nos demandes salariales, notre objectif demeure clair : nous voulons obtenir une rémunération compétitive et comparable à celle qui est actuellement versée dans des universités équivalentes du réseau de l’Université du Québec. Nous aurions pu nous comparer à l’Université d’Ottawa, ce qui aurait été déraisonnable. Or, bien au contraire, nos demandes sont fondées et réalistes et voilà pourquoi nous avons décidé d’exercer notre moyen de pression ultime. Nous comptons donc régler cette négociation dès le mois de janvier, juste avant de revoir nos membres au cours de la semaine du 12 février », de conclure madame Briand.

Sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015, le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

[Communiqué de presse FP-CSN]

Suivis de l’Assemblée générale du 14 novembre 2017

  1. Négociations

Le SPUQO tenait son Assemblée générale le 14 novembre dernier. Parmi les éléments de discussions ayant mené à l’adoption de résolution, notons que la présentation des clauses normatives réglées et de l’offre et de la controffre monétaires a généré des discussions et mené à l’adoption, à l’unanimité des voix, d’une résolution inscrivant à l’ordre du jour de notre très prochaine assemblée générale spéciale un point traitant de moyens de pression pouvant inclure un vote de grève.

  1. Relations de travail

L’assemblée générale a aussi été l’occasion de faire état des difficultés du SPUQO à faire respecter les cadres règlementaires et légaux. À ce sujet, les officiers syndicaux ont présenté une synthèse des griefs en cours et des décisions arbitrales récentes qui soulignent la résistance de l’administration à respecter les lois, politiques, règlements, conventions collectives, etc. Cette situation n’est pas unique au SPUQO, les vives difficultés que nous vivons dans les relations de travail avec l’UQO sont partagées de façon transversale, sans exception, par tous les groupes de notre communauté universitaire. Face à une administration pressée d’étendre son droit de gérance à des juridictions qui relèvent tantôt des assemblées départementales, tantôt de la commission des études ou d’autres instances où siègent les professeures et professeures, le SPUQO continuera de défendre les droits des professeures et professeurs.

  1. Relations intimes amoureuses ou sexuelles

L’assemblée générale s’est aussi prononcée sur un énoncé de principe relatif aux relations intimes amoureuses ou sexuelles entre professeures, professeurs et étudiantes, étudiants. La résolution portant sur cet énoncé a été transmise avec l’avis de convocation de l’assemblée générale et a été adoptée sans amendements et à l’unanimité.

  1. Consultation sur l’organisation générale du vice-rectorat à l’enseignement et à la recherche

Enfin, cette assemblée a également permis de faire le point sur les objectifs de la consultation relative à l’organisation générale du vice-rectorat à l’enseignement et à la recherche. Comme le SPUQO le fait depuis 2013, nous vous avons consulté afin d’alimenter les représentants des professeures, professeurs qui devront se prononcer sur les renouvèlements de mandats à venir dans les instances officielles.

Considérant que le fonctionnement des décanats est largement tributaire de la structure que constitue le vice-rectorat à l’enseignement et à la recherche, il est impossible de traiter les divers mandats en vases clos dans le cadre de cette consultation.

Le conseil exécutif du SPUQO-CSN