Forum – Réponses des candidats

M. DENIS HARRISSON

M. Harrisson nous a remis, le 24 mai 2013, 16 h 22, son texte de présentation pour les rencontres avec les professeurs de l’UQO des 22 et 24 mai 2013.

La réponse de M. Harrisson aux questions des professeurs de l’UQO a été reçue le 17 mai, à 11 H 45.

TEXTE DE PRÉSENTATION :

Présentation devant les professeurs et la direction de l’UQO pour la consultation au poste de vice-recteur à l’enseignement et à la recherche

Saint-Jérôme, 22 mai 2013
Gatineau, 24 mai 2013

Bonjour,

Je vous remercie de me donner l’occasion de présenter ma candidature au poste de vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’UQO. Au cours de cette heure, je vais me présenter bien sûr, avant d’énoncer comment je vois le développement de l’UQO, particulièrement au plan de l’enseignement, de la recherche et du travail avec vous les professeurs et chargés de cours. Je vais également consacrer du temps vers la fin pour vous entendre et répondre à vos questions.

Je suis professeur à l’ESG UQAM au département d’Organisation et ressources humaines depuis 10 ans, et auparavant pendant 13 ans à l’UQO au département de RI. Je suis sociologue du travail et des organisations. J’aime le travail en tant qu’activité humaine. Je suis un observateur de son évolution, de sa transformation et de ses mutations dans les sociétés occidentales, dans tous les secteurs d’activités économiques et sous toutes ses formes. C’est dans ce domaine principalement que j’ai enseigné et que j’ai réalisé de nombreux projets de recherche.

Mon enseignement se particularise par un engagement continu aux trois cycles universitaires. Bien sûr au premier cycle où j’ai été impliqué dans la création de plusieurs cours. Je me suis également impliqué dans l’enseignement et l’encadrement d’étudiants et d’étudiantes aux cycles supérieurs dont le troisième cycle et les stages post-doctoraux. C’est là une expérience de professeur d’université fort pertinente qui me permet d’être un interlocuteur intéressé et motivé lorsque viendra le temps de voir au développement de nouveaux programmes à l’UQO.

Je me suis également particulièrement engagé en recherche sur plusieurs projets subventionnés dans le domaine du travail, de la concertation en particulier et depuis quelques années, des innovations sociales. Ces travaux de recherche ont donné lieu à plusieurs publications et autres moyens de diffusion. J’ai même obtenu un prix de ma faculté pour mon dévouement en recherche tout au long de ma carrière. C’est, là aussi, une expérience que je saurais mettre à la disposition de la communauté de l’UQO lorsque viendra le temps de parler de la recherche et de voir comment on peut l’améliorer.

Enfin, je veux aussi brièvement vous parler de mes expériences aux services de la collectivité et à la gestion académique. Depuis le tout début jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été membre de comités dans mon département, ma faculté ou l’université. Je crois que ça fait partie intégrante de notre implication à l’université et que c’est une chance inouïe que nous avons de pouvoir le faire. J’ai dirigé des programmes aux cycles supérieurs, ici à l’UQO à titre de responsable de la maîtrise en RI, puis au cours de la dernière année, à titre de directeur d’un nouveau programme de doctorat en santé et société, un doctorat interdisciplinaire et inter facultaire, transversal aux champs sectoriels que ce soit les sciences de la santé, le droit, les sciences sociales et humaines. Je me suis impliqué dans des comités extérieurs à l’université dont le Bureau de la statistique du Québec (BSQ), le Centre d’études et de transfert en réussite éducationnel du Québec (CETREQ) et le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psycho-sociale (CLIPP), les services à la collectivité de l’UQAM et en économie sociale dont un OLTIS en économie sociale. C’est à travers cet engagement que de plus en plus maintenant je m’intéresse aux questions de transfert et de mobilisation des connaissances. J’ai aussi participé à quelques projets avec l’OCDE et la Commission européenne, cette dernière m’a accordé le statut d’expert en innovation sociale.

Bien que cette expérience m’apparaît congruente et nécessaire à l’exercice de la fonction de VRER, c’est surtout lese connaissances acquises à titre de directeur d’un centre de recherche que je veux maintenant mettre de l’avant. En effet, durant six ans j’ai dirigé les destinées du Centre de recherche en innovation sociale (CRISES), un regroupement stratégique du FRSCQ comprenant une trentaine de chercheurs, cinquante avec les membres associés, provenant de 7 universités et oeuvrant dans onze disciplines. J’y étais déjà membre depuis quelques années, mais je suis arrivé à la direction au début de la mise en place d’une toute nouvelle structure organisationnelle. J’ai succédé à une perseonne qui était, et qui est encore, une forte personnalité intellectuelle et qui bénéficiait de ce fait d’une grande autorité morale sur les membres. Pour arriver à le remplacer, il me fallait développer un style de gestion qui m’appartient. On ne peut imiter quelqu’un si on ne bénéficie pas de la même reconnaissance. Je crois que j’y suis arrivé puisque, pour bien réussir, il fallait plus que jamais que chaque membre du centre s’implique davantage au développement de ses diverses activités. Pour y arriver nous avons mis en place un mode de fonctionnement collégial. Les règles étaient plus strictes, mais elles étaient connues de toutes et de tous. Nous avions un programme de recherche bien détaillé et nous savions que nous serions évalués sur la rencontre des objectifs de ce programme. Aussi, ma tâche principale consistait à rappeler ces objectifs et à trouver les moyens, volontaires pour la plupart, jamais coercitifs, d’inciter les membres à construire ce programme et à s’y engager fermement. Certains n’ont pas apprécié, préférant se consacrer à leurs projets personnels avec les moyens dont nous disposions. Il fallait les orienter en faveur des projets plus structurant de notre centre, tant en recherche qu’en formation. Je crois qu’au final nous avons réussi, car nous avons bien passé le test de l’évaluation mi-parcours et celui plus angoissant encore du renouvellement de la subvention d’infrastructure de six ans. Plus que jamais, notre centre est reconnue localement et internationalement comme un lieu de recherche majeur sur l’innovation sociale, l’un des trois plus importants dans le monde selon la firme Deloitte qui a effectué un étalonnage des centres de recherche. En terminant, je peux vous dire un mot sur la façon dont nous avons renouvelée l’entente. J’ai rédigé une bonne partie du devis après avoir débattu de l’orientation en assemblée et en comité restreint, mais j’ai aussi confié des sections entières à d’autres membres qui s’y sont volontairement impliqués, sans rien obtenir en retour, sinon la fierté d’appartenir au centre. Je crois que les membres ont compris sous ma direction que l’avenir du centre appartenait à chacun d’entre nous et non à une personne en particulier. Je suis particulièrement fier de cet accomplissement. C’est ce même engagement et cette même confiance mutuelle que je veux transmettre à la collectivité de l’UQO à travers les responsabilités  du VRER. J’usqu’ici, je crois que mon parcours de professeur d’université m’y conduit.

Je me présente au poste de VRER à l’UQO parce que je veux maintenant participer à la consolidation des développements récents et à la préparation de l’avenir de l’UQO. Depuis un an et demi, la place des universités dans la société est débattue. Je veux me joindre à toutes celles et ceux qui oeuvrent dans le réseau et qui défendent le modèle de l’UQ, soit une université accessible, engagée, ouverte sur le monde et qui sait mobiliser la collectivité dans les pôles d’excellence. Je refuserai toujours un modèle d’université à deux vitesses prôné par certains recteurs, une position relayée par les éditorialistes, chroniqueurs et blogueurs de toute sorte. Ce débat, qui n’a rien de nouveau, sinon qu’il est maintenant public, mérite que nous y particpions et que nous soyons présents sur toutes les tribunes afin de préserver notre place dans les créneaux d’excellence. La défense de ce modèle n’empêche aucunement de l’amélioreret de voir à ce que l’innovation soit au coeur de nos préoccupations. L’UQO représente pour moi une université qui a su, tout au long de sa jeune histoire, à se tailler une place de chiox dans le réseau des universités. Ses professeurs, appuyés par toute la communauté de l’Outaouais et des Laurentides, ont su se montrer à la hauteur des attentes que l’on plaçait en eux en développant sans relâche les programmes, et en devenant des chefs de file dans plusieurs domaines de recherche de pointe. Je reconnais à peine l’université que j’ai quitté il y a dix ans tellement les changements sont nombreux.

De grands pas ont été accomplis. Nous devons continuer dans cette voie et travailler à développer l’UQO dans ses deux régions, ainsi qu’au plan national et au plan international. L’UQO doit continuer à se démarquer dans ses programmes de premier cycle, programmes qui se différencient par leur originalité, leur bonne réputation dans la formation des étudiants et leur capacité d’attraction, ici et à l’extérieur de la région. Tout en travaillant à la consolidation des programmes, l’UQO doit aussi continuer à développer de nouveaux programmes en phase avec notre époque et les capacités de notre université. Il nous faut explorer et développer l’offre de cours de premier cycle dans les domaines de la santé, des sciences naturelles et des sciences de la gestion sans négliger pour autant les sciences humaines et sociales. Il faut augmenter notre offre de programme dans ces créneaux. Nous devons aussi réfléchir à la place que peuvent prendre les environnements numériques d’apprentissage.

Je m’engage également à offrir un environnement stimulant aux étudiants qui choisissent l’UQO pour les études de deuxième et de troisième cycle. Ces cycles sont intimement liés à la recherche. Il faut augmenter notre financement général en encouragent et incitant les professeurs à faire des demandes de financement et à faire de la recherche une des activités principales de leur cheminement. Les étudiants aux cycles supérieurs seraient ainsi entrainés à la recherche et ils auraient sans doute plus de facilités à graduer et ce, sans compromis. Ce sont eux les principaux porte-parole de la bonne réputation de l’UQO, et c’est avec eux que nous parvenons à recruter les meilleurs. Il faut s’assurer de leur rayonnement. Cet engagement envers la recherche n’empêche pas une offre de programmes de deuxième cycle dans les volets professionnels, les maîtrises sans mémoire font également parti de notre réalité.

Comment améliorer notre position en recherche ? Par des incitations internes sans doute, mais aussi par un travail sans relâche sur les organismes de financement, sur leur programmation qui doit favoriser davantage la recherche libre. En effet, les budgets des dernières années offrent beaucoup de possibilités sur des thématiques singulières, ou encore par la création de grandes équipes ou sur des partenariats avec les acteurs du milieu. Nous devons être présents partout et faire valoir nos positions, montrer nos forces et insister sur nos particularités. Il faut s’assurer du rayonnement des professeurs qui s’activent dans ces créneaux de plus en plus spécialisés et très compétitifs. Nous avons notre place et il faut l’agrandir. C’est de cette façon qu’une université construit patiemment sa réputation. Cela passe sans doute par l’embauche des professeurs, mais aussi par des incitations, la formation d’équipe, les affiliations aux centres et instituts de recherche, de la formation et de la préparation aux demandes de financement, à la publication scientifique dans des revues de premier niveau international.

Enfin, je garde pour la fin la façon dont j’envisage de travailler avec vous. Dans la structure de l’UQ, les professeurs sont au centre de la plupart des activités d’enseignement, de recherche et de services à la collectivité. Comment développer de nouveaux programmes sans vous ? Comment penser à accroître le financement de la recherche sans vous ? Comment penser orienter les programmes et les modules ou diriger les départements sans vous ? C’est pourquoi je pense que la collectivité de l’UQO peut s’aventurer dans l’innovation académique, pédagogique et administrative. C’est, je crois, une voie d’avenir qui peut nous assurer que la plupart des défis que nous rencontrons peuvent être appréhendés avec assurance et espoir. Comme vice-recteur à l’enseignement et à la recherche, je compte être à l’écoute et travailler avec vous les professeurs, les chargés de cours et les étudiants, et avec la direction de l’UQO. Mais pour envisager l’avenir de cette façon, il faut avoir les moyens de mettre en oeuvre les idées garantes du futur de l’UQO. Il nous faut être efficace dans la réalisation de la mission de l’UQO et voir à la pertinence de nos actions. C’est pourquoi je compte élaborer un plan d’action qui fasse la promotion de la concertation entre les professeurs et les chargés de cours et la direction de l’UQO. C’est possible, d’autres l’ont fait avant nous et à ce chapitre, il y a de belles réussites. Pour cela, il faut instaurer un climat de dialogue continu et partager le désir de résoudre nos différends. Il faut travailler ensemble à instaurer une ambiance sereine, un milieu de travail stimulant entièrement dédié à la réalisation de la mission académique de l’UQO.

En conclusion, en revenant à l’UQO, j’ai la conviction de rejoindre une université ancrée dans son milieu et capable de relever les défis de demain. Je m’associe ainsi aux professeurs, aux chargés de cours, aux groupes professionnels, aux étudiants et à la direction dans deux régions jeunes, aux potentiels immenses, montrant un dynamisme parmis les plus importants au Québec, une région, l’Outaouais, que je connais bien puisque j’y habite depuis plus de 20 ans. Je m’engage avec vous à viser l’excellence, à créer un milieu d’étude et de recherche stimulant, agréable et attractif, tant pour les professeurs que les étudiants de tous les cycles. Si vous m’accordez votre confiance, c’est avec une grande fierté que je travaillerais à l’avancement de l’UQO.

Denis Harrisson
22 mai 2013

RÉPONSE AUX QUESTIONS :

Bonjour chers collègues,

Je vous remercie pour vos questions. Elles sont pertinentes et sans doute préoccupantes. Elles exigent toutes que je me positionne sur certains enjeux internes à l’UQO et d’autres, au milieu universitaire en général. Ces questions m’aident certainement à réfléchir sur la mission de l’UQO, et à me préparer adéquatement aux deux rencontres les 22 et 24 mai prochain. On me questionne sur ce que je pense de la hausse des frais de scolarité, de la baisse des inscriptions à l’UQO, des subventions de recherche qui diminuent, du style de gestion, et même du sort des infrastructures de recherche. Certaines situations internes exigent une analyse des informations que je n’ai pas. D’autres réponses demandent des nuances qu’un Forum ne peut offrir. D’autres encore s’adressent plus au recteur qu’au vice-recteur à l’enseignement et à la recherche. Aussi, je me réserve mes réponses lorsque j’aurais tous les éléments entre les mains. C’est de cette manière que j’envisage la fonction de vice-recteur, c’est-à-dire ne prendre que des décisions éclairées à partir des faits, et surtout ne rien précipiter.

Par ailleurs, je peux vous faire part de ma vision et vous dire brièvement comment je compte travailler avec vous les professeurs (hommes et femmes), mais également avec les chargés de cours, les étudiants et la direction de l’université. L’université est d’abord un lieu de production de connaissances et de transfert du savoir. Ce sont les professeurs qui produisent les connaissances, à travers notamment les activités de recherche, et ce sont les professeurs qui diffusent ces connaissances dans les cours au premier cycle ainsi qu’aux cycles supérieurs. Enseignement et recherche sont des activités fondamentales intimement liées dans le modèle universitaire que nous avons au Québec. Je vais défendre ce modèle haut et fort. Ce modèle place les professeurs au coeur du développement de l’université. Ce sont eux qui obtiennent le financement nécessaire à la recherche, ce sont eux qui développent les cours et sans eux, il est impensable de développer de nouveaux programmes, peu importe les cycles.

Je compte donc travailler avec vous au développement de l’université, d’être à l’écoute de vos préoccupations et d’être au carrefour des idées les plus prometteuses pour l’UQO, et continuer ainsi à en faire une grande université. Pour cela, je compte travailler en collégialité avec vous, avec les chargés de cours et avec les étudiants, d’être ouvert et transparent, de faire part de vos idées innovantes de développement de l’UQO auprès de la direction. Je compte également vous faire partager ma vision lorsque nécessaire. Les universités québécoises traversent actuellement une période de turbulence. Il faut être ensemble. C’est pourquoi la concertation avec le syndicat des professeurs et le syndicat des chargés de cours m’apparaît primordiale. Nous ne pouvons continuer à supporter indéfiniment des conflits contre-productifs. Par ailleurs, le style de gestion que je préconise me conduit inexorablement à partager les responsabilités avec les doyens et, là où c’est possible, avec les directeurs et directrices de département, de programmes et de module, en tout respect du cadre légal et règlementaire de l’UQ. Je ne compte pas faire de la micro-gestion, bien que je sois conscient de la nécessité de maintenir des liens de proximité avec vous, les étudiants et les autres groupes professionnels. C’est un équilibre que je tenterais de maintenir tout au long de mon mandat de vice-recteur.

Je compte faire profiter de mon expérience de professeur dans les trois composantes de la tâche : l’enseignement aux trois cycles universitaires; la recherche subventionnée et la publication scientifique; ainsi que la gestion universitaire, et ce sans relâche depuis 25 ans. Si vous regardez attentivement mon cv, vous constaterez que j’ai consacré une bonne partie de mes recherches aux questions relatives à la concertation et à l’innovation sociale. Je suis maintenant parvenu au stade de la mise en application de ces connaissances. Et, si vous m’en donner la possibilité, j’envisage ce défi avec enthousiasme et optimisme.

Je vous invite à venir échanger avec moi mercredi prochain au campus de St-Jérôme et vendredi prochain au campus de Gatineau. Je ne vous cache pas ma hâte de vous rencontrer enfin.

Recevez mes sincères salutations,

Denis Harrisson, professeur et candidat au poste de vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’UQO


M. BENOÎT PELLETIER

M. Pelletier nous a remis, le 26 mai 2013, 22 h 26, un texte en conclusion à la présentation offerte aux professeurs de l’UQO les 22 et 24 mai 2013.

La réponse de M. Pelletier aux questions des professeurs de l’UQO a été reçue le 23 mai, à 21 H 20.

MOT AUX PROFESSEURS :

Chères collègues, chers collègues,

J’ai été heureux de rencontrer les professeurs et professeures qui étaient présents à Saint-Jérôme et Gatineau, les 22 et 24 mai derniers. Leurs questions et commentaires ont confirmé leur volonté de contribuer au rehaussement du statut, de l’envergure, de la réputation et du positionnement de l’UQO. Dans ce contexte, la question qui se pose est essentiellement celle de savoir qui peut le mieux amorcer, en collaboration avec les autres intervenants de l’UQO, le renouveau dont cette université a besoin et lui donner une nouvelle impulsion.

Pour ma part, je réitère tout simplement mon désir de mettre mon expérience au service de l’UQO, cette institution dont je suis fier et que je veux, tout comme vous, voir se développer au maximum.

L’UQO a défà fait beaucoup. Elle peut aller encore plus loin, en autant que nous et tous les autres intervenants de l’Université nous entendions sur des objectifs communs et conjuguions nos efforts. Pour ce faire, nous devrons collectivement établir nos priorités, ce qui exigera de la part du futur VRER un sain leadership. Je m’y engage.

Bien à vous,

Benoît Pelletier
26 mai 2013

RÉPONSE AUX QUESTIONS :

Chères collègues, chers collègues,

Il me fait plaisir de vous transmettre cette réponse globale aux questions que vous avez posées jusqu’à présent. Depuis mon retour de vacances mardi dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques professeurs et professeures du campus de Saint-Jérôme. Je les remercie de leur accueil et de leur attention. La chaleur humaine qui se dégage de ce campus est contagieuse. Elle constitue sans doute l’un des facteurs qui expliquent le succès sans cesse croissant de ce campus, que je n’ai pas hésité à décrire comme étant l’un des principaux moteurs du développement de l’UQO au cours des prochaines années. À Saint-Jérôme, le défi qu’il faudra relever dans l’avenir sera celui de gérer la croissance et non la décroissance. Il s’agit-là, visiblement, d’un heureux défi.

Du reste, je tiens à remercier le SPUQO d’avoir pris l’initiative de mettre sur pied ce forum, qui me permet entre autres de partager avec vous ma vision de ce que devrait être une université et ma perception des défis auxquels l’UQO fait face présentement.

Je n’ai pas la prétention de pouvoir tout régler d’un coup de baguette magique. Je suis d’ailleurs pleinement conscient qu’un vice-recteur, si compétent soit-il, ne peut obtenir des résultats tangibles et durables qu’en autant qu’il puisse compter sur la participation de tous et de toutes. Dans ce type de fonction, il faut savoir ÉCOUTER et CONSULTER. Le sens du leadership, tel que je le conçois, n’est pas d’imposer ses décisions mais plutôt d’amener chacun et chacune à se dépasser soi-même et à s’engager volontairement dans une démarche qui le ou la transcende. Cette démarche, ce sera à nous tous et toutes de la définir.

Au cours de ma carrière, j’ai accordé beaucoup d’attention à la fois à l’enseignement et à la recherche. Mon curriculum vitae en témoigne. C’est d’ailleurs sans hésitation que je suis retourné dans le monde universitaire après une carrière politique qui a duré dix ans. Même pendant celle-ci, j’ai continué d’enseigner (alors à titre de chargé de cours) et à publier. De fait, l’enseignement et la recherche ont été des éléments centraux de ma vie jusqu’à présent. Quant à ma carrière politique, elle m’a permis entre autres de mieux comprendre la société québécoise elle-même et ses principaux enjeux.

J’ai soumis ma candidature pour le poste de Vice-recteur à l’enseignement et à la recherche parce que j’ai le désir sincère de contribuer, à ma façon, et en collaboration avec les autres intervenants de l’UQO (professeures et professeurs, autres membres du personnel, chargés de cours, étudiants, etc.), à l’essor de cette université pleine de potentiel.

Dans mon esprit, une université n’est pas une machine à émettre des diplômes. Ce n’est pas non plus une organisation commerciale. C’est plutôt une institution destinée au partage et à l’approfondissement des connaissances. C’est aussi un forum d’idées et d’opinions, un lieu d’échanges et de discussions. J’ai donc une perception délibérative plutôt qu’exécutive ou affairiste du milieu universitaire.

Bien entendu, la liberté académique est au cœur de la fonction des professeures et professeurs. C’est cette liberté qui assure l’objectivité de la recherche scientifique. Il s’agit-là d’un principe essentiel qui doit à tout prix être préservé, quelles que soient les circonstances. Les professeures et professeurs ont tout à fait raison de réclamer haut et fort cette liberté, acquise parfois après d’âpres luttes.

Quant à l’autonomie institutionnelle, elle est essentielle dans le milieu universitaire. Bien que l’UQO fasse partie de l’Université du Québec, elle doit jalousement défendre son autonomie au sein de ce réseau. L’UQO a une personnalité, une physionomie qui lui est propre. Il en est de même d’ailleurs pour le campus de Saint-Jérôme. Cette unicité est un atout, qui doit être promu. Entre autres, il me semble que la proximité entre le professeur et l’étudiant soit encore à ce jour l’un des principaux avantages de l’UQO.

Pour sa part, la recherche est tout à fait fondamentale dans un contexte universitaire. C’est elle qui irrigue l’enseignement. Sans elle, le savoir ne saurait s’étendre ni se développer. La recherche doit demeurer au cœur de la mission universitaire. La question se pose parfois de savoir si ce sont les étudiants ou étudiantes ou plutôt les professeurs et professeures qui sont au centre du monde universitaire. En réalité, ce sont probablement les deux à la fois. L’apprentissage de connaissances et la transmission du savoir sont les deux côtés d’une seule et même médaille. L’une ne saurait exister sans l’autre.

En ce qui a trait aux défis qui attendent l’UQO en particulier, et auxquels j’aimerais pouvoir m’attaquer avec votre collaboration, notons les suivants :

1) La réputation et les perceptions

Beaucoup de choses – de la recherche notamment – se font déjà à l’UQO, mais sont passablement ignorées. L’UQO est, me semble-t-il, encore trop mal connue. On serait en droit de s’attendre à ce que cette université soit mieux cotée qu’elle ne l’est en ce moment parmi les universités nord-américaines. Nous devrons, tous et toutes ensemble, travailler au repositionnement de l’UQO. Cela implique entre autres que nous misions sur nos forces et corrigions nos faiblesses. Un certain nombre de perceptions défavorables jouent contre nous. Nous devons nous préoccuper d’améliorer l’image de l’UQO, de mieux faire connaître ce qu’elle est et ceux et celles qui la constituent. Les syndicats auront beaucoup à faire pour aider au redressement de la situation. J’entends faire appel à eux et à leur collaboration, tout en les assurant à l’avance de ma compréhension et de ma disponibilité.

2) L’internationalisation

Il est certes important que l’UQO soit bien intégrée à ses environnements immédiats – l’Outaouais et les Laurentides –, mais il est aussi impérieux qu’elle s’impose davantage sur la scène internationale. Une stratégie à court et à moyen-terme doit être élaborée et déployée à cette fin. Cela passe notamment par la présence de l’UQO, et de ses professeures et professeurs, dans un maximum d’activités internationales.

3) La programmation

Les deuxième et troisième cycles me semblent sous-développés à l’UQO en ce moment. Ce sont pourtant des aspects cruciaux pour le développement des universités, quelles qu’elles soient. Même au premier cycle, la programmation offerte par l’UQO ne semble pas suffisamment complète. Les nouvelles avancées de l’UQO en matière de sciences naturelles sont certes louables, mais il ne faut surtout pas s’arrêter-là. Les modules devront évidemment être mis à profit pour l’élaboration d’une programmation plus diversifiée.

4) Le sous-financement

L’UQO est apparemment sous-financée par rapport à d’autres universités de pareille taille au Québec. Je ne parle pas ici du sous-financement des universités québécoises en général – lequel constitue d’ailleurs un problème que je trouve personnellement fort préoccupant –, mais plutôt du sous-financement de l’UQO en particulier. Il faut passer à l’attaque et réclamer avec insistance, pour l’UQO, un financement qui soit juste et équitable. Cela dit, il faut absolument que nous parvenions à connaître les causes exactes du déficit budgétaire de l’UQO.

5) L’appartenance à l’institution

Les événements du printemps 2012 ont vraisemblablement laissé d’importantes cicatrices. La confiance entre les cadres et le personnel a été ébranlée à maints égards. Nous devrons travailler ensemble à rétablir l’ambiance. La fierté de l’UQO doit être retrouvée. Nous aurons tous et toutes à contribuer à la réalisation de cet objectif pressant. Il en va non seulement de la santé de l’UQO, mais aussi de son rayonnement.

Quant à mon style de gestion, il n’est ni totalitaire, ni dictatorial. Je ne fais pas dans la micro-gestion. J’ai l’habitude de faire confiance aux gens qui m’entourent. J’ai le respect d’autrui et sais très bien qu’une attitude hautaine, condescendante ou autoritaire ne saurait engendrer des résultats satisfaisants. Je suis ouvert d’esprit et entends faire preuve de transparence. Je favorise les réunions en équipe et la saine discussion. Les responsabilités du Vice-recteur à l’enseignement et à la recherche sont colossales à l’UQO. Elles ne peuvent être assumées efficacement qu’en autant que toutes les instances existantes assument leur rôle et se sentent interpellées et que chacun et chacune s’estime respecté.

Je crois que l’UQO est à un stade de son développement où elle a besoin de se ressourcer, de se redynamiser. Elle a besoin de sang neuf, d’une nouvelle forme de leadership, de renouveau. On aurait tort de vouloir reproduire à l’UQO un autre modèle, comme celui de l’UQAM par exemple. L’UQO a sa propre culture, sa propre identité. Pour moi, il est clair que l’UQO n’a pas encore réalisé son plein potentiel. Ses accomplissements à ce jour sont restés en bonne partie ignorés du public en général. Mieux faire connaître l’UQO et mieux la positionner par rapport aux autres universités seront pour moi, si vous m’en donnez l’occasion, des objectifs de premier plan.

Ce serait un honneur pour moi de pouvoir être associé désormais aux destinées de l’UQO. Des problèmes existent, nul ne saurait le nier, mais ils sont autant de défis que je souhaite relever avec vous. Si vous m’en donnez la chance, je mettrai mon expérience et mon énergie au service de cette université, que j’ai d’ailleurs appuyé avec vigueur et conviction depuis déjà plusieurs années.

Benoît Pelletier


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