Résolution du conseil syndical et pétition en appui aux personnels et étudiant·es de l’Université Laurentienne de Sudbury

Mesdames les professeures,

Messieurs les professeurs,

Lors de sa rencontre du 14 avril 2021, le conseil syndical du SPUQO a adopté une résolution en soutien aux personnels et étudiant·es de l’Université Laurentienne de Sudbury :

Résolution # CS-2021.04.14-03

Résolution en soutien aux personnels et étudiant·es de l’Université Laurentienne de Sudbury

ATTENDUla restructuration annoncée de l’Université Laurentienne de Sudbury, donnant lieu à l’élimination de près de 70 programmes et au licenciement de plus d’une centaine de professeures et professeurs ;
ATTENDUque les programmes en français sont particulièrement touchés par ces coupures ;
ATTENDUles conséquences dramatiques de ces décisions pour le parcours des étudiant·es de l’Université Laurentienne souhaitant poursuivre des études supérieures dans leur région et plus largement pour l’avenir de la francophonie ontarienne ;
ATTENDUles conséquences dramatiques de ces décisions pour la carrière des professeur·es de l’Université Laurentienne ;
ATTENDUque les missions et valeurs de l’Université Laurentienne rejoignent celles de l’UQO, notamment l’accessibilité de l’enseignement supérieur en français, le développement régional et les partenariats avec la communauté ;
ATTENDUque l’approche marchande adoptée pour cette restructuration n’est pas digne d’un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche ;
LE CONSEIL SYNDICAL DU SPUQO 
DÉNONCEavec la plus grande fermeté les abolitions de programmes et les licenciements annoncés à l’Université Laurentienne ;
EXPRIMEsa solidarité avec les personnels, étudiant·es et professeur·es de l’Université Laurentienne ainsi qu’avec les communautés de Sudbury, du Nord de l’Ontario et franco-ontarienne ;
APPUIEsans réserve les démarches des organisations représentant les groupes concernés afin que les autorités compétentes trouvent des solutions menant à la réouverture des programmes fermés et à la réembauche des personnels licenciés ;
INTERPELLEla direction de l’UQO afin qu’elle exprime son indignation et sa solidarité ;
MANDATELe comité exécutif du SPUQO pour diffuser cette publiquement cette résolution.

Proposé par Mathieu Charron.

Appuyé par Nathalie St-Amour.

Adopté à l’unanimité.

Le comité exécutif du SPUQO invite par ailleurs ses membres à signer la pétition pour demander un financement pour sauver assurer l’avenir de la Laurentienne : lien vers la pétition.

Cordialement,

Les déléguées, délégués du conseil syndical et le comité exécutif du SPUQO

Pas de lettre d’entente pour l’hiver 2021 : la direction refuse de reconnaitre la surcharge de travail associée à la COVID-19

Mesdames les professeures, Messieurs les professeurs,

Dans la semaine du 13 décembre, nous avons rencontré à deux reprises les personnes représentant la direction en comité de relation de travail (CRT). Malgré ces rencontres, nous n’avons pas trouvé de terrain d’entente sur une solution équitable pour tou.te.s. les professeur.e.s. Puisqu’il n’y a aucune reconnaissance de la surcharge de travail des professeur.e.s de la part de la direction, il n’y aura pas de signature d’une lettre d’entente pour l’hiver 2021. Cela signifie que la session d’hiver 2021 sera considérée comme « normale » et que toutes les dispositions de la convention collective s’y appliqueront. Dans l’impossibilité de convoquer une assemblée générale du SPUQO avant la fin de cette présente session, ce communiqué retrace en toute transparence les démarches de négociation qui ont été effectuées.

Nous rappelons que la direction n’envisageait pas de signer une nouvelle lettre d’entente pour l’hiver 2021, lorsque nous l’avons demandée lors du CRT du 8 octobre. La direction nous mentionnait que l’UQO n’avait pas d’argent (sans nous fournir de preuves) pour négocier quoi que ce soit (malgré la hausse de 7 % des inscriptions cette année et les surplus budgétaires de l’UQO des huit dernières années variant de 2 à 8 millions, voir le tableau en fin de courriel) et que l’entente de l’automne 2020 était non renouvelable. On nous a mentionné que les professeur.e.s étaient maintenant déjà habitué.e.s à un mode de fonctionnement en non présentiel, ce qui n’impliquait pas la nécessité d’une lettre d’entente particulière, alors que la session d’hiver représente de nouvelles inscriptions et de nouvelles activités à planifier. 

Néanmoins, lors des consultations que nous avons effectuées pour connaitre vos expériences de l’automne 2020 (via un sondage et le conseil syndical où siège des représentant.es de chaque département) vous nous avez témoigné que la surcharge de travail était significative, tant pour l’adaptation de vos activités d’enseignement que pour la gestion administrative des départements, des modules, des stages et des programmes. Vous nous avez également signifié votre inquiétude pour votre propre santé mentale et celle de vos étudiant.e.s qui n’était pas facilitée par les conditions d’enseignement en non présentiel. Vous avez noté un accroissement de vos dépenses pour assurer le télétravail (aménagement d’un espace de travail : mobilier, équipement informatique, etc., frais internet : dépassement bande passante, forfait haute vitesse, etc.). Hormis, le matériel informatique, aucune de ces dépenses n’est admissible au fonds de développement professionnel.

Au CRT du 28 novembre, notre mandat était clair : trouver une solution collective qui reconnaisse la surcharge de travail de tou.te.s les professeur.e.s. Nous avons proposé l’octroi à chacun.e des professeur.e, de trois (3) crédits en surcharge non monnayable afin de créer un fonds de recherche ou compléter sa tâche normale d’enseignement. Cette proposition semblait judicieuse puisque, ce montant pouvant s’étaler sur de nombreuses années, cela n’aurait eu aucune incidence directe sur le budget de l’UQO pour l’année 2020-2021, car c’est au choix de la professeure ou du professeur de le transformer en fonds de recherche (montant équivalent à environ 6 500 $ par professeur.e.s, voir article 22.08.3). De son côté, les propositions de la direction n’étaient que superficielles : soit reconduire la lettre d’automne 2020, en supprimant les trois (3) crédits administratifs (distribués entre tous les départements) et en rendant obligatoire l’évaluation de l’enseignement.

Nous ne nous entendions pas sur les couts afférents à notre demande. La direction calculait une dépense immédiate par tout le corps professoral du fonds de recherche non monnayable en ajoutant de plus, le cout d’un cours de 3 crédits pris par une personne chargée de cours (environ 12 000 $). Non seulement, il est peu probable que tout le corps professoral réclame un fonds de recherche la même année, mais en plus l’octroi de crédits en fonds de recherche n’implique pas, à notre sens, l’embauche de personnes chargées de cours. Il reste tout à fait possible de maintenir notre tâche normale pour l’équivalent de 4 cours de 3 crédits par an tout en créant un fonds de recherche qui vous permettrait par exemple, d’embaucher du personnel, conduire une collecte ou une analyse de données, ou relancer vos projets de recherche stoppés ou ralentis par le contexte sanitaire. Nous pensons que cette proposition constitue aussi un bénéfice institutionnel en stimulant la recherche : plus de recherche, plus de publications, plus de création d’emploi avec l’assistanat et ultimement plus de subventions et de frais indirects pour l’UQO. 

Face au refus, nous avons consenti à réduire notre demande à une proportion de 0,25 d’un cours de 3 crédits en surcharge non monnayable pour un fonds de recherche (équivalent à environ 1 625 $ par professeur.e), proposition qui a encore été refusée. La direction nous a offert en contrepartie le maintien des trois (3) crédits administratifs répartis entre les 12 départements (soit seulement une proportion de 0,25 par département à répartir entre la direction, le module ou la responsabilité de programme). Bien que nous ayons bénéficié de cet arrangement à l’automne, vous avez été nombreux.euses. à nous indiquer que c’était une reconnaissance individuelle dérisoire. En outre, la direction ne semblait pas comprendre notre surcharge de travail pour assurer une qualité d’enseignement et ne voyait pas comment l’adaptation de nos cours en non-présentiel ou la gestion des départements, des modules, des stages et des programmes méritaient une telle reconnaissance.

Devant le refus persistant de la direction, nous avons vérifié s’il était même possible d’obtenir une bonification du fonds de développement professionnel et un élargissement des critères pour l’admissibilité de certaines dépenses (p. ex., mobilier, frais internet, etc.). Ce qui a été également refusé en prétextant qu’il vous est possible de travailler à votre bureau. Rappelons que les frais internet (nouveaux forfaits) sont considérés comme admissibles pour les personnes chargées de cours (montant de 70 $ par charge de cours) et que d’autres universités le reconnaissent aussi (UQAM et UQAT). D’ailleurs, autant la santé publique que l’UQO conseillaient de réduire ses activités sur le campus et de privilégier le travail à distance.

La direction qui a prétendu entendre nos besoins pour la recherche a finalement consenti le 10 décembre 2020 à nous proposer trois (3) dégagements supplémentaires pour la recherche en vertu de l’article 10.13 (qui est le concours annuel pour les dégagements de recherche), autrement dit pour seulement 3 professeur.es. Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre que l’ajout de ces 3 dégagements s’accompagnait du retrait des 3 dégagements administratifs ! Nous avons bien évidemment rejeté cette fausse contreproposition. Il faut mentionner que le VRERC n’octroie pas toujours tous les dégagements prévus par manque de demandes. La direction a réitéré que nous n’avions qu’à moduler notre tâche pour réduire notre charge de travail. Trouvant que l’offre ne satisfaisait le besoin que d’une infime minorité, nous avons continué de demander une solution collective pour avoir une entente. Nous avons réitéré la demande de 0,25 crédit en fonds de recherche pour bien faire comprendre la nécessité d’une solution collective à un problème collectif et les implications réalistes de cette demande.

Le 11 décembre 2020, la direction a refusé officiellement notre demande en signifiant qu’il n’y aurait pas d’entente. Retour à la case départ : la direction ne voulait pas de lettre d’entente en octobre et finalement n’en signe pas en décembre !

À la lumière de ces éléments, nous sommes vivement déçus par les propositions de la direction. La surcharge de travail n’est pas reconnue et nous sommes donc tenus de continuer notre travail sans lettre d’entente. Par conséquent, il n’y aura pas de dédoublement des cours (mais pour les personnes chargées de cours, oui), de bonification du fonds de développement professionnel, de dégagements administratifs ou de recherche, de fonds de recherche supplémentaires. Il y aura par contre une évaluation de l’enseignement. 

Les impératifs budgétaires ont largement conduit les discussions alors que nous ne nous entendions pas sur les fonds effectivement disponibles. La direction n’a pas démontré que les fonds ont été épuisés cet automne avec le dédoublement et l’assistanat, car peu d’entre vous ont effectivement bénéficié de ces clauses. Cet hiver, seulement 10 à 15 activités étaient visées par le dédoublement. Malgré le fait que la rectrice, le vice-recteur à l’enseignement, à la recherche et à la création par intérim, la vice-rectrice à l’administration et aux ressources et le doyen de la gestion académique par intérim, sont tou.te.s d’ancien.nes professeur.es, force est de constater que les expériences vécues par les professeur.e.s ne sont pas mieux comprises. Nous vous invitons à tirer vos propres conclusions, mais pour le comité exécutif (CX), notre confiance à l’endroit de cette nouvelle direction est gravement minée.

Nous invitons la direction à reconsidérer leur position. Nous pensons qu’il est encore possible de trouver une solution collective équitable pour tou.te.s les professeur.e.s. 

Solidairement,

Note 1

Surplus* budgétaires de l’UQO depuis 2 011

2011-2012 : 6 130 491 $

2012-2013 : 3 084 275 $

2013-2014 : 7 922 078 $

2014-2015 : 3 060 482 $

2015-2016 : 3 215 590 $

2016-2017 : 2 244 383 $

2018-2019 : 6 112 447 $

2019-2020 : 4 004 815 $

* Les deux (2) premiers millions sont obligatoirement consacrés au prêt pour les locaux de Saint-Jérôme, le reste est consacré à des immobilisations, au service de la dette et aux virements discrétionnaires. Tout cela est malheureusement issu du fonds de fonctionnement, qui devrait normalement être dédié aux activités d’enseignement et de recherche.

Note 2

Toutes les universités ont conclu des ententes avec les syndicats des professeur.e.s notamment sur le report d’un sabbatique, l’évaluation, la promotion et la reconnaissance des circonstances exceptionnelles pour l’enseignement et la recherche.

Certaines universités ont reconnu la conciliation travail/famille et l’impact de la situation sur la tâche professorale, ont suspendu l’évaluation de la prestation de l’enseignement ou ont balisé la protection du matériel produit et mis en ligne.

Voici les clauses monétaires relatives aux conditions de travail

UQAT = 1,5 crédit supplémentaire reconnu pour l’année et 30 $/mois pour les frais liés au télétravail jusqu’au 31 décembre 2020.

UQAM = 300 $ libre d’impôts supplémentaires pour frais afférents au télétravail.

Université Laval = remboursement des frais encourus par la transformation des cours en présentiel vers des modalités à distance (les montants ne sont pas précisés).

UQTR = Reconnaissance supplémentaire d’un cours en non présentiel sur recommandation du comité de programme et fondé sur l’argumentaire du travail réel effectué.

UdeM = Reconnaissance de la charge accrue de travail pour l’enseignement à distance et de la considérer dans l’évaluation ou la promotion des professeur.e.s. Pas de clauses monétaires.

UQAC = Espace dédié aux adaptations dues à la COVID dans le formulaire d’évaluation des professeur.es. Pas de clauses monétaires.

L’université McGill et l’université Sherbrooke n’ont pas de clauses monétaires. Nous n’avons pas eu accès aux lettres de Concordia ou de l’université Bishop.