Attaque frontale contre la présidente du SPUQO – La ministre David doit intervenir

GATINEAU, QC, le 24 mai 2017 /CNW Telbec/ – La présidente du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) a été la cible d’une attaque frontale de la part du Comité de gouvernance et de déontologie de l’UQO. Le Comité cherche vraisemblablement à faire taire l’une des principales critiques de la direction de l’UQO.

En effet, la professeure Briand fait l’objet d’une plainte, anonyme, qui a été logée auprès du Comité de gouvernance et de déontologie du conseil d’administration de l’UQO le 4 mai 2017. Le Comité s’est rencontré le 15 mai 2017 pour analyser la plainte de manière préliminaire et, sans même avoir entendu la professeure Briand, le Comité a conclu que la plainte était recevable et il a accédé à la demande de la personne plaignante de relever provisoirement la professeure Briand de ses fonctions « le temps nécessaire pour examiner la situation et prendre la décision appropriée ». La décision du comité peut aller jusqu’à demander au Conseil des ministres de révoquer son mandat.

Cela fait craindre le pire pour l’indépendance et la transparence de l’administration de l’université. « Il faut dire que comme comptable et représentante du corps professoral, je questionne les choix budgétaires de la direction de notre université, je confronte certaines orientations qui vont à l’encontre de la mission de notre institution. Cela semble déranger, souligne Louise Briand, membre du conseil d’administration de l’UQO et présidente du SPUQO ».

Il s’agit donc d’une tactique pour faire taire les voix discordantes au sein de l’UQO, ce qui est dangereux pour l’institution. Conséquemment, le conseil exécutif du SPUQO demande à la ministre David d’intervenir pour rappeler le conseil d’administration de l’UQO à l’ordre.

La situation illustre un problème qui dépasse cependant les frontières de l’UQO, estime Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN, qui représente près de 1400 professeures et professeurs du réseau universitaire. « En effet, la composition actuelle des conseils d’administration, dont la majorité des voix sont accordées à la direction et à des membres externes cooptés par la direction, nuit à la sauvegarde de l’université comme bien public et en tant que fondement important de la société », souligne-t-elle.

Il est utile de souligner que le conseil d’administration d’une constituante de l’Université du Québec compte seize personnes, soit trois cadres, sept membres externes cooptés par la direction et six membres internes (trois professeures, professeurs, deux étudiants et une personne chargée de cours). Les groupes « soutien » et « professionnel » ne sont pas représentés au conseil d’administration en vertu de la Loi sur l’Université du Québec.

Les faits
La professeure Briand a été élue par les professeures et professeurs de l’UQO en 2013 et réélue en 2016, pour siéger au conseil d’administration de l’université. Son mandat vient à échéance en 2020 mais il pourrait être écourté si le Comité de gouvernance et de déontologie décide de demander sa révocation.

Le Comité est formé de trois personnes. Deux membres du Comité de gouvernance et de déontologie ont voté l’expulsion de Louise Briand de la séance du conseil d’administration du 24 avril 2017. « Il y a lieu de se questionner sur l’impartialité de ces personnes », estime Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN.

Selon la plainte, Louise Briand se serait comportée de « manière irrespectueuse, condescendante et abusive » lors des points traitant du budget de fonctionnement pour l’année universitaire 2017-2018, du plan des effectifs et des critères d’embauche au département des sciences comptables. La professeure Briand aurait mis un membre de la direction « dans l’embarras » en posant des questions et elle aurait créé un « malaise au sein du conseil ».

« Sommes-nous rendus au point où les membres des conseils d’administration ne servent qu’à avaliser les plans de la direction sans les questionner? », se demande Ginette Langlois. « Cette pratique, qui semble empruntée au secteur privé, n’a pas sa place dans une institution d’enseignement supérieur. Nous avons discuté abondamment de cette situation lors des États généraux sur l’enseignement supérieur qui se sont tenus la semaine dernière. Il semble que le problème soit généralisé dans le réseau universitaire. Cela est très inquiétant. »

Lors de la séance du conseil d’administration du 24 avril 2017, les membres du conseil d’administration ont voté, à la majorité, pour exclure Louise Briand pour le traitement d’un point touchant aux critères d’embauche au département des sciences comptables, prétextant qu’elle était en situation de « conflit de rôles ». La notion de « conflit de rôles » n’existe pas dans la Loi sur l’Université du Québec, ni dans la réglementation qui en découle. Ce vote d’exclusion de la séance du 24 avril 2017, fondé sur une notion inventée, vise d’abord et avant tout à faire taire une voix dérangeante.

D’autres racines probables du projet de révocation
Depuis 2008, la professeure Briand participe aux travaux du Comité sur le financement des universités de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). En 2013, ce comité a mis au jour une stratégie budgétaire, mise en œuvre par un grand nombre de directions universitaires, qui consiste à utiliser des fonds destinés au fonctionnement pour effectuer des investissements dans les immobilisations (http://bit.ly/2qLvyws). La direction de l’UQO a utilisé cette stratégie et les chiffres sont alarmants : de l’année 2011-2012 à 2015-2016, ce sont plus de 25 millions de dollars du fonds de fonctionnement qui ont été transférés dans la « brique et le béton ».

Concrètement, les données observées montrent que des acquisitions d’immobilisations sont faites au détriment du soutien à l’enseignement, de l’offre de cours, du développement de nouveaux programmes et de l’appui à la recherche. En somme, les chiffres traduisent un désinvestissement dans les ressources humaines – le personnel de soutien et professionnel, les personnes chargées de cours et les professeures et professeurs -, qui sont requises pour soutenir la mission universitaire et pour assurer la formation, l’encadrement et les services aux étudiantes et étudiants.

Une campagne de soutien
La Fédération des professionnèles de la CSN, à laquelle est affilié le SPUQO, lancera aujourd’hui une campagne d’appui visant le maintien de Louise Briand au sein du conseil d’administration de l’UQO, ainsi que la dénonciation des actes d’intimidation auxquels elle fait face par des membres du conseil d’administration. La liberté de parole, la collégialité et la représentation de la communauté universitaire dans les instances sont en péril et elles doivent être défendues.

La Fédération des professionnèles de la CSN représente plus de 8000 professionnels et techniciens dont près de 1800 professeures, professeurs et professionnel-les dans les universités.

SOURCE Fédération des professionnèles (FP-CSN)

Renseignements : Pierre-Luc Bilodeau, conseiller à l’information, FP-CSN, 514 529-3628, cell. : 514 216-2017

Une professeure, membre du conseil d’administration de l’UQO, est relevée de ses fonctions et menacée de révocation

La professeure Briand, qui est aussi présidente du Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO, a été élue par les professeures et professeurs de l’UQO en 2013 et réélue en 2016, pour siéger au conseil d’administration de l’UQO.

Le mandat de la professeure Briand vient à échéance en 2020 mais il risque d’être écourté puisque la professeure Briand fait l’objet d’une plainte anonyme, qui a été logée auprès du Comité de gouvernance et de déontologie du conseil d’administration de l’UQO le 4 mai 2017.

Le Comité s’est rencontré le 15 mai 2017 pour analyser la plainte de manière préliminaire. Le Comité a conclu que la plainte était recevable. Sans même avoir entendu la professeure Briand, le Comité a accédé à la demande de la personne plaignante de relever provisoirement la professeure Briand de ses fonctions « le temps nécessaire pour examiner la situation et prendre la décision appropriée », la décision pouvant aller jusqu’à demander au Conseil des ministres de révoquer son mandat.

Les fondements de la plainte et l’exclusion du conseil d’administration du 24 avril 2017

La plainte repose sur des comportements allégués de la professeure Briand lors de la séance du conseil d’administration du 24 avril 2017.

Selon la personne ayant porté plainte, Louise Briand se serait comportée de « manière irrespectueuse, condescendante et abusive » lors des points traitant du budget de fonctionnement pour l’année universitaire 2017-2018, du plan des effectifs et critères d’embauche au département des sciences comptables. Toujours selon la plainte, la professeure Briand aurait mis un membre de la direction « dans l’embarras » en posant des questions et elle aurait créé un « malaise au sein du conseil ».

Le 24 avril 2017, les membres du conseil d’administration ont voté à la majorité pour exclure la professeure Louise Briand pour le traitement d’un point (critères d’embauche au département des sciences comptables), prétextant qu’elle était en situation de « conflit de rôles ».

La notion de « conflit de rôles » a été introduite dans le vocabulaire du conseil d’administration de l’UQO il y a environ un an. Cette notion n’est pas enchâssée dans la Loi sur l’Université du Québec, ni dans la réglementation qui en découle.

Ainsi, il y a lieu de suggérer que le vote d’exclusion de la séance du 24 avril 2017, fondé sur une notion inventée, visait d’abord et avant tout à faire taire une voix dérangeante.

Les racines probables du projet de révocation

Depuis 2008, la professeure Briand participe aux travaux du Comité sur le financement des universités de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). En 2013, ce comité a mis au jour une stratégie budgétaire, mise en œuvre par un grand nombre de directions universitaires, qui consiste à utiliser des fonds destinés au fonctionnement pour effectuer des investissements dans les immobilisations (http://bit.ly/2qLvyws). La direction de l’UQO a utilisé cette stratégie et les chiffres sont éloquents.

Concrètement, les données observées depuis 2011-2012 montrent que des acquisitions d’immobilisations sont faites au détriment du soutien à l’enseignement, de l’offre de cours, du développement de nouveaux programmes, de l’appui à la recherche, etc. En somme, les chiffres traduisent un désinvestissement dans les ressources humaines (personnels de soutien et professionnel, personnes chargées de cours, professeures et professeurs) requises pour soutenir la mission universitaire et assurer la formation, l’encadrement et les services aux étudiantes et étudiants.

Le 14 février 2017, la professeure Briand publiait, conjointement avec les autres membres du conseil exécutif du SPUQO, un article dans le journal Le Droit (« Besoin d’argent, besoin d’amour… ». L’article dénonçait les décisions administratives, le déficit de programmes à l’UQO, le plafonnement des effectifs étudiants à Gatineau et la délocalisation à rabais des programmes au campus de Saint-Jérôme. Le conseil exécutif du SPUQO plaidait pour un recentrage des orientations de la mission de l’institution afin que l’UQO devienne « l’université que l’Outaouais mérite et que la communauté de Saint-Jérôme est désormais en droit d’espérer » (lien URL).

Enfin, depuis 2016, la professeure Louise Briand assume la vice-présidence du secteur universitaire de la Fédération des professionnèles de la CSN. Elle se porte ainsi à la défense de l’Université en tant que service public et des choix qui en découlent dont celui de la gratuité. Louise Briand critique les dérives gestionnaires autocratiques, revendique le contrôle des instances (conseil d’administration et commission des études) par les membres de la communauté universitaire et réclame le rétablissement de la collégialité.

La voix de Louise Briand dérange.

Le processus de plainte est-il vicié ?

Louise Briand est invitée à rencontrer le Comité de gouvernance et de déontologie. Le comité veut « recueillir » ses « observations et points de vue en lien avec la plainte ».

L’invitation à rencontrer le comité doit être analysée à la lumière du processus prévu par le Code d’éthique et de déontologie des membres du conseil d’administration de l’UQO et du contexte dans lequel s’inscrit la plainte.

Le Comité est formé de trois (3) personnes dont deux (2) sont des membres du conseil d’administration. Ces deux personnes ont voté le 24 avril 2017 pour que la professeure Briand soit exclue de la séance du conseil d’administration pour « conflit de rôles ».

Ces deux personnes seront-elles en mesure de rejeter la plainte logée contre la professeure Briand après avoir voté pour l’exclusion de Louise Briand le 24 avril 2017, après avoir jugé que la plainte était « recevable » et alors qu’elles ont déjà déterminé que la situation était suffisamment « urgente » et « grave » pour la relever provisoirement de ses fonctions ?

La représentation des membres internes au conseil d’administration de l’UQO

Puisque le Comité de gouvernance et de déontologie a accédé à la demande d’un plaignant anonyme de suspendre provisoirement la professeure Louise Briand du conseil d’administration de l’UQO, cela signifie que la communauté universitaire est d’ores et déjà privée d’une de ses six (6) voix susceptibles de s’exprimer au sein du conseil d’administration de l’UQO. Cela signifie que la voix d’une personne élue par les professeures et professeurs de l’UQO est ignorée. Aussi, il y a lieu de se demander si et comment, dans les circonstances que l’on connaît, les cinq (5) autres voix de la communauté universitaire pourront s’exprimer librement.

Signalons qu’en vertu de la Loi sur l’Université du Québec, le conseil d’administration d’une constituante est composé de seize (16) personnes dont le recteur, deux (2) membres de la direction et sept (7) membres externes.

Seuls les six (6) membres internes sont élus par leurs groupes de référence (trois professeures, professeurs; deux étudiantes, étudiants; une personne chargée de cours).

Enfin, rappelons que les groupes soutien et professionnel n’ont pas de siège au conseil d’administration.

C’est assez !

Considérant la composition du conseil d’administration de l’UQO (3 cadres, 7 membres externes sur un total de 16 membres) et le mode de désignation des membres externes (cooptation), il y a lieu d’élever nos voix pour dénoncer la suspension et le projet de révocation de la professeure Louise Briand du conseil d’administration de l’UQO et pour faire invalider la plainte dont elle fait l’objet, ainsi que le processus prévu pour en disposer.

Le conseil exécutif du SPUQOCapture d'écran 2017-05-23 06.40.35