LE SPUQO SOUTIENT LES PROFESSEURES ET PROFESSEURS DES COLLÈGES ONTARIENS

Suite au déclenchement d’une grève illimitée par le Syndicat des employé-e-s de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), le SPUQO tient à exprimer sa solidarité pleine et entière aux professeures et professeurs des collèges ontariens. Nos 12 000 collègues se battent en particulier pour obtenir plus de postes permanents à temps complet (à l’heure actuelle, 70 % d’entre elles et eux sont à contrat et ne bénéficient d’aucune sécurité d’emploi) et le contrôle du contenu de leurs enseignements et de leurs recherches. La qualité des conditions de travail et la liberté académique étant au cœur des valeurs du SPUQO, nous ne pouvons que soutenir les membres du SEFPO qui subissent les conséquences de l’application du modèle managérial à l’enseignement supérieur. Leur lutte est la nôtre.

Des appuis de taille pour notre collègue menacée d’exclusion du CA de l’UQO

Mesdames les professeures,
Messieurs les professeurs,

Le 4 mai 2017, notre collègue Louise Briand, membre élue au Conseil d’administration (CA) de l’UQO et présidente du SPUQO, apprenait qu’elle faisait l’objet d’une plainte déposée au Comité de gouvernance et de déontologie du CA, à la suite de la séance du 24 avril.

La plainte reproche notamment à Louise Briand d’avoir placé l’administration dans l’embarras par ses questions et d’avoir provoqué un malaise au sein du Conseil. Par ailleurs, non seulement cette plainte demande-t-elle la suspension de notre collègue à titre de membre du CA, mais elle suggère également la possibilité de la révocation de sa nomination par le Conseil des ministres.

En réaction à cette attaque aux principes de liberté d’expression, de collégialité et de l’indépendance des membres administrateurs de l’université, la Fédération des professionèles (FP-CSN), à laquelle le SPUQO est affilié, a lancé une campagne d’appui à Louise Briand. Cette campagne vise également à « freiner la dérive autoritaire observée dans les universités québécoises et défendre la liberté de parole, la collégialité et la représentation de la communauté universitaire au sein des conseils d’administration ». (Source : Fédération des professionnèles, Les appuis se multiplient pour Louise Briand, http://fpcsn.qc.ca/2017/06/20/les-appuis-se-multiplient-pour-louise-briand/)

Les réponses à cet appel de soutien ont été nombreuses et continuent de croitre. À ce jour, plus de 70 lettres d’appui ont été envoyées à la présidente du CA de l’UQO pour dénoncer les gestes posés à l’égard de notre collègue et la dérive autoritariste qui les sous-tend. Parmi les organisations qui ont signifié leur indignation face à cette atteinte à la liberté de parole et à la collégialité se trouvent notamment l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPU), la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP- CSN), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (SPUQAT), le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (SPUQTR), le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) et le Syndicat général des professeures et professeurs de l’Université de Montréal (SPGUM).

Or, en dépit de ces nombreux soutiens, la tenue du CA du lundi 19 juin n’a pas permis de faire la lumière sur le cheminement ou l’issue de la plainte et les évènements qui l’entourent n’ont pas été abordés. Il faudra vraisemblablement attendre l’automne pour connaitre la décision du Comité de gouvernance et de déontologie du CA, où siègent deux membres ayant voté l’exclusion de notre collègue le 24 avril dernier, faisant d’eux juges et parties.

Le SPUQO tient à remercier vivement les membres des diverses organisations et les individus qui ont offert leur soutien à notre collègue Louise Briand et ont élevé leurs voix contre l’érosion de la gestion collégiale de nos institutions publiques. Nous souhaitons maintenant que la présidente du CA de l’UQO, ainsi que les membres de son Comité de gouvernance et de déontologie prennent acte de cette réponse collective vive et sans équivoque à toute tentative de museler la contribution rigoureuse et critique des professeures, professeurs membres du CA et qu’elles et ils agissent en conséquence, dans l’intérêt de l’institution et de sa communauté.

Cordialement,

Stéphanie Demers, 1re vice-présidente du SPUQO